III. BAPTÊME. BATAIOA

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Traditionnellement, les enfants ont reçu les eaux du baptême dès leur naissance. Cette pratique religieuse répond à la croyance profondément ancrée en Vasconia selon laquelle le baptême est le sacrement par lequel la personne devient chrétienne et se libère du péché originel qui marque le genre humain. Bien que le rite suive dans son essence les instructions de l’Église catholique, chaque région a ses particularités dans les détails de la mise en scène.

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Baptême des nouveaux-nés

Suivant une antique prescription, il fallait baptiser les enfants le plus vite possible. À Zeanuri (B), cette règle a été respectée jusqu’au milieu du siècle : si la naissance survenait tôt le matin, le baptême avait lieu dans l’après-midi du même jour, jaiotako egunen barruen ; si cela n’était pas possible, le lendemain, jaio ta lehenengo egunian et au plus tard sans laisser passer le deuxième jour, jaio ta egun bi barru. Il s’agissait d’éviter que le nouveau-né meure sans être chrétien, ez eitean hil kristiñau izan barik, et soit privé d’aller au ciel. Ce souci de faire baptiser le nouveau-né le plus tôt possible, len bait lasterren, était très commun (Nabarniz, Orozko, Urduliz-B ; Bidegoian, Gatzaga[1]-G).

Le baptême d’urgence

Habituellement, les enfants nés à la maison qui étaient menacés de ne pas survivre, erkinek, ou ceux nés prématurément, zazpikiek, (Nabarniz, Zeanuri-B) étaient baptisés immédiatement par l’accoucheuse ou le médecin. Ce rite, connu généralement sous le nom de "bautismo de urgencia" reçoit d’autres noms : "bautizo de socorro" (Amézaga de Zuya-A), "bautizo de auxilio" (Moreda-A), "bautizo de primera necesidad" (Portugalete-B), "agua de socorro" (Moreda-A), "etxe-bautismue" (Markina-B), "etxe-bautismoa" (Abadiano et Urduliz-­B).

Assistants au baptême

Sauf dans les familles aisées et en ville, en général le père n’assistait pas au baptême, car "il avait à gagner son pain" (Viana-N). Ce n’est que dans de très rares villages étudiés qu’a été constatée la présence du père du bébé à l’acte du baptême, la mère, quant à elle, restant au lit.

Porteuse de l’enfant

De façon générale, nous pouvons dire que, jusque dans les années quarante, la personne chargée d’habiller l’enfant pour le baptême et de le porter sur les fonts baptismaux de l’église était l’accoucheuse ou la sage-femme.

Nouveau rituel de baptême

Le nouveau rituel de baptême des enfants, en vigueur depuis 1970, a supprimé une grande part des anciens rites qui remontaient à la période du catéchuménat pour ne conserver, en les adaptant, que ceux propres au baptême.

Selon les nouvelles dispositions post-conciliaires, le baptême doit être conféré le dimanche, jour où l’Église célèbre le mystère pascal, et à l’occasion d’une cérémonie commune pour tous les enfants nés récemment. Les baptêmes ont lieu en général dans le cadre de la messe dominicale.

Présents à l’occasion du baptême

Jusqu’à il y a un quart de siècle (1970), le baptême ne donnait pas lieu à un banquet familial. Tout au plus, on offrait une collation à ceux qui avaient participé à la cérémonie. On attendait pour fêter cet évènement familial les relevailles de la mère après l’accouchement et c’est à ce moment qu’était organisée la fête autour d’un repas rituel.

Arrebuchas

Selon ce qui a été recueilli dans de nombreuses localités, à la sortie de l’église avec le nouveau baptisé, les parrains lançaient des bonbons, des confiseries, des amandes, des noix et des pièces de monnaie dont les enfants cherchaient à s’emparer par tous les moyens. Ensuite, le groupe d’enfants suivait le cortège jusqu’à la maison du nouveau-né dans l’attente de nouvelles provisions de sucreries et d’argent que, parfois, les parrains lançaient à la volée depuis le balcon de la maison.

Le parrainage

Autrefois, le rôle du parrain et de la marraine était plus important, comme l’atteste le droit qu’ils avaient de donner leur prénom au filleul ou à la filleule. De même, l’obligation qui était la leur, en cas de décès des parents —un phénomène relativement fréquent dans le passé— de les remplacer et d’assurer la tutelle, était de cet ordre. Lors de la cérémonie de baptême, le curé leur rappelait les devoirs spirituels qu’ils avaient contractés vis-à-vis du baptisé.

Choix des parrains

À Zeanuri (B), il a été relevé qu’avant la guerre civile (1936) on donnait moins d’importance qu’aujourd’hui au fait de désigner les parrains. Plus qu’un choix proprement dit, il s’agissait d’une demande de faveur : Mesedea eskatu besoetan artzeko umea. À signaler qu’à l’époque le choix du parrain et de la marraine se faisait toujours parmi les amis du père ou de la mère et parmi les voisins de la maison.

Parrainages de convenance

Il n’était pas inhabituel que les familles dans le besoin choisissent comme parrains des personnes en meilleure position ou des membres de la famille sans descendance. En Alava, on les appelait "apadrinajes de conveniencia", car ils avaient pour but d’obtenir certains avantages, surtout pour l’enfant devenu adulte.

Parrainages par hasard

Les enquêtes de l’Ateneo et d’autres auteurs ont recueilli une pratique qui était en vigueur dans les premières décennies du présent siècle. Elle consistait en ce que, quand dans une famille plusieurs enfants mouraient l’un après l’autre, on évitait de choisir à l’avance un parrain et une marraine pour le suivant. Le moment venu, les personnes qui accompagnaient le nouveau-né à son baptême se plaçaient sous le porche à côté de l’entrée de l’église pendant la cérémonie religieuse et on choisissait pour parrain et marraine le premier homme et la première femme sortant de l’église.

Le nom de baptême

Dans le choix du nom du baptisé, plusieurs facteurs entraient en ligne de compte. De façon générale, le sanctoral chrétien est resté la principale source d’inspiration jusqu’au premier quart du XXe siècle, voire même jusqu’à des dates plus récentes.

À cette époque, dans les villages, le choix du nom était laissé à la volonté du curé qui avait recours au commun des saints du calendrier ecclésiastique pour imposer à l’enfant le nom du saint ou de la sainte du jour où avait lieu le baptême.

Cadeaux des parrains

Cadeaux de Pâques et de Noël

Une coutume autrefois très répandue dans la Vasconia tant péninsulaire que continentale voulait que le lundi de Pâques les parrains —et plus fréquemment la marraine— offrent à leur filleul un pain spécial élaboré à la maison.

Cette pratique a disparu en même temps qu’on cessait de faire son pain à la maisoncar ces petits pains d’offrande étaient cuits avec le reste de la fournée domestique. Quelques rares maisons qui conservent leur four à pain et certaines boulangeries locales continuent à élaborer et à vendre ces pains de Pâques, mais la coutume a perdu son ancienne force.


  1. Pedro M• ARANEGUI. Gatzaga: una aprox imación a la vida de Salinas de Léniz a comienzos del siglo XX . San Sebastián , 1986, p. 55.